La Brève d’Avril 2019

lundi 22 avril 2019

Ca chauffe dans l’Education Nationale au moment de décrypter la mise en œuvre du BAC dans sa version 2021. Ca chauffe chez les professeur.es qu’ils/elles soient rouges à l’instar des stylos qu’elles/ils utlisent pour écrire leurs colères ou jaunes comme les gilets que certain.es d’entre eux/elles portent. Ca chauffe aussi dans l’Enseignement Privé sous contrat où l’intersyndicale de six organisations dont - le SUNDEP Solidaires - se mobilisent pour dire d’une seule voix, et c’est historique : NON aux réformes Blanquer, NON à la politique utilitariste du gouvernement qui va générer de plus en plus d’inégalité dans le domaine de l’Education. NON M. Blanquer, ce ne sont pas des « bobards » mais OUI, « la maison brûle » !

Réforme du LP : par la lorgnette de la voie générale
C’est officiel, alors même que la copie avait été massivement rejetée par l’ensemble des membres du CSE, les programmes du LP réformé, s’agissant des matières générales, viennent d’être publiés (BO du 11 avril dernier).
Hasard malheureux du calendrier, le thème “métiers, compagnonnage et chef d’œuvre du 19e siècle” est au programme en 2nde pro et J.M. Blanquer de s’enflammer dans les médias au sujet de la reconstruction de Notre Dame de Paris : “le savoir-faire français est un trésor (…), nous allons avoir besoin de tailleurs de pierre, de bâtisseurs. Nous trouverons “ces ressources” au sein même de nos campus des métiers à la “Harvard”…”.

Mais la réalité du terrain est tout autre. Outre que cette réforme s’inspire d’une vision de l’économie qui combine néolibéralisme et culture de la performance, la prétendue innovation pédagogique passe surtout par une drastique saignée des matières générales. Ces dernières ne devront désormais être enseignées qu’au service du “savoir-être” des élèves et du métier. Ainsi après un rapide calcul global, il s’opère globalement une division par 2 du volume horaire des matières générales. Cette vision passéiste de l’enseignement professionnel fait ressurgir l’antagonisme “penseurs versus exécutants”. Or la construction identitaire d’un.e jeune passe par une multiplicité d’apprentissages et par la découverte de contenus éducatifs variés, indispensables au futur des lycéen.nes. Mais en ce début du 21e où tout doit se construire vite, très vite, trop vite qu’importe ces connaissances, seuls les rendements comptent.

2e HSA imposée : c’est officiel
Chose promise chose due ? Dès septembre 2019, pourra être imposée une 2e heure supplémentaire dans l’emploi du temps des enseignant.es.

A écouter notre ministre, cette mesure permettrait de revaloriser le métier par le biais d’une augmentation du pouvoir d’achat des enseignant.es. On convoque de nouveau le vieux refrain « sarkosyien » : « Travailler plus pour gagner plus » ?! Cet axiome n’est pas même vérifié dans ce cas précis. En effet, le montant de cette HSA sera inférieur au montant de l’heure poste (variable selon l’échelon et jusqu’à 50% de minoration), assez atypique comme traitement ?

Toujours selon M. Blanquer, cette mesure permettrait de contrebalancer les suppressions de postes puisque s’opèrerait une classique conversion des postes en HSA. Pourtant le projet de loi de finance ne prévoit le paiement que de 30% de la somme due. Assez étonnant comme calcul ?

Au SUNDEP Solidaires, nous n’avons pas besoin d’écouter plus avant notre ministre pour dénoncer cette nouvelle injonction contradictoire dans nos ORS.
Imposer une 2e heure supplémentaire aux enseignant.es :
- constitue un moyen artificiel de faire baisser la réalité des suppressions de poste
- ne constitue pas une solution à la baisse du pouvoir d’achat des enseignant.es
- entraine des inégalités entre les personnels enseignants (entre 1er et 2nd degré notamment)
- aggrave les inégalités hommes-femmes puisque qu’une partie de nos collègues femmes n’ont d’autres solutions que de prendre un temps partiel afin d’échapper à ces heures supplémentaires pour assumer toutes les charges familiales.

Comment le ministère peut-il penser améliorer les conditions de travail des enseignant.es en augmentant leur charge de travail ?!

La date à retenir : 16 mai
C’est inédit et historique : sept OS de l’enseignement privé réunies en intersyndicale depuis janvier dernier. L’intersyndicale a porté les revendications enseignant.es nationalement au Ministère et, plus récemment localement, dans les rectorats. Ces revendications concernent : la revalorisation immédiate des salaires, le refus de la 2e HSA, l’amélioration des conditions de travail, l’équité de traitement entre 1er et 2nd degré, la résorption de la précarité de l’emploi,, enfin l’arrêt des réformes en cours. Des rassemblements et/ou réunions ont eu lieu en régions mais rien n’y fait : le ministre ne veut pas entendre le mécontentement exprimé par la profession.
C’est pourquoi, l’intersyndicale du privé appelle les enseignants à se mobiliser et à se mettre en grève le jeudi 16 mai, à Paris et en régions.
Un préavis de grève couvrira les enseignant.es. Vous le retrouvez en pièce jointe avec des lettres aux parents d’élèves scolarisé.es en primaire, au collège, en lycées professionnel et général.

Le SUNDEP Solidaire soutient les Stylos Rouges
La hausse des salaires et l’amélioration des conditions de travail sont au cœur des revendications des Stylos Rouges. Ce mouvement de profs en colère s’est élargi à d’autres personnels de l’Education Nationale. Il cherche des alternatives à la grève. Le SUNDEP Solidaires propose de relayer et d’accompagner ce nouveau mouvement.

En grève le 9 mai avec nos collègues du public, en interpro !

Le SUNDEP Solidaires à l’instar de l’Union syndicale Solidaires Fonction Publique dépose un préavis de grève pour la journée du 9 mai 2019 (de 00h00 à 24h).
Ce préavis concerne l’ensemble des personnels titulaires, stagiaires, contractuels et auxiliaires des trois versants de la fonction publique et des établissements publics ainsi que les personnels titulaires et non titulaires de droit public exerçant leurs fonctions dans les sociétés anonymes et les établissements d’enseignement privé.
Solidaires dénonce depuis de nombreux mois les orientations générales du gouvernement en matière de droits des agent-e-s et salarié-e-s. Ces orientations, malgré les revendications portées par les mouvements sociaux, ne subissent aucun changement.
Solidaires dénonce également toutes les orientations concernant la fonction publique et les services publics : abandons de missions de services publics et fermetures de sites laissant sur le côté une partie de la population et augmentant encore les inégalités, 120 000 suppressions d’emplois sur le quinquennat.


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