Vers une politique austéritaire des SES à la sauce Blanquer

vendredi 13 avril 2018

  • Les professeurs de SES ont manifesté leur mécontentement, ce mercredi 11 Avril à 14h 30. Ils dénoncent la fusion SES économie gestion en seconde, la réduction des heures de SES en première et terminale et une marginalisation des sciences politiques qui n’ont rien à voir avec une quelconque propagande politique. Onze professeurs et chercheurs, parmi lesquels Christian Baudelot, Philippe Meirieu et Thomas Piketty, s’élèvent, dans une tribune dans le « Monde », contre le projet ministériel de rabotage de l’enseignement de l’économie, de la sociologie et des sciences politiques au lycée.” .

Vers une marginalisation des SES

Dans les nouveaux programmes du lycée, les SES vont payer un lourd tribu. Outre le fait que les SES et l’Economie et la Gestion vont fusionner, cette discipline voit fondre au soleil son quota horaires sur l’ensemble du lycée. De plus, compte tenu de la grande diversité des propositions d’enseignement et du faible poids des SES dans le cycle terminal, on peut légitimement craindre que peu d’élèves ne suivent un enseignement de SES au second semestre de la classe de seconde.
En effet, les SES ne sont pas considérées comme relevant de ce que Pierre Mathiot appelle la « culture de l’honnête homme » et, par conséquent, elles ne font donc pas partie du tronc commun, en classe de première et de terminale.
En Terminale, les cours de spécialisation vont se terminer en avril. On va donc amputer les cours de terminale dans les matières essentielles pour le futur parcours dans le supérieur (et on estime au total, à au moins 20% de cours en moins en SES sur le cycle terminal). En terminale, la mineure SES pourrait être remplacée par la mineure science politique. L’enseignement d’économie approfondie risque donc de disparaître. Or, cet enseignement préparait notamment les élèves à l’entrée en faculté d’économie, en classe préparatoire économique. De plus, en classe de terminale, les enseignements de majeures et de mineures seront évalués au printemps pour être intégrés à Parcoursup, ce qui signifie que le contenu des programmes qui seront dispensés sera nécessairement plus restreint.

Des finalités politiques pour une mort annoncée

Depuis la création des SES dans les années 1960, La spécificité des SES est de s’appuyer sur l’économie, la sociologie et les sciences politiques. Trois angles d’étude qui aident à comprendre la complexité de notre société. Elles participent à la formation citoyenne et à l’EMI en favorisant une distance critique vis-à-vis de ses propres préjugés et de certaines représentations collectives plus ou moins erronées, grâce aux savoirs et aux outils des sciences sociales (analyses statistiques, observation, entretiens, etc.), mais aussi grâce à la hiérarchisation et au questionnement des sources.
Or, dès leur naissance, cette discipline a été accusée de tous les maux. Pour le patronat, les SES portaient une vision négative du monde de l’entreprise et, pour beaucoup, elles étaient accusées de critiquer les politiques libérales afin de favoriser un modèle marxiste.
De plus, en associant les SES et l’économie et la Gestion, la Sociologie va céder sa place à des contenus de programme plus tournés vers le monde de l’entreprise. Dans cette réforme, le but est de marginaliser une discipline qui accueille à l’université beaucoup d’étudiants mais qui, selon le modèle libéral, a une faible portée économique.
Enfin, on a surtout l’impression, confirmée par l’anticipation de suppression de postes aux concours d’enseignant(e)s, que le véritable objectif est comme souvent économique, au sens de comptable.

Le SUNDEP condamne ce choix clairement politique de marginaliser les SES. Nous appelons toutes et tous à rejeter massivement la politique gouvernementale, le 19 avril et le 3 mai.

Vincent MAZZARON


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